10 bonnes raisons…. de leur dire des contes !

Le conte distrait et fait rire les enfants.
Particulièrement dans le conte créole, l’enfant est invité à participer à l’histoire, à être acteurs du conte.
Il doit répondre à des devinettes, à des formules (Est-ce que la cour dort ?), chanter des chansons….
La plupart des contes sont riches en onomatopées (tic-tac, tamtiquidam, etc.) qui amusent les enfants.
L’auditoire est ainsi tenu en éveil, poussé à s’exprimer

 

La structure du conte est toujours la même (situation initiale, élément perturbateur, action, dénouement).
Une structure simple qui facilite la compréhension et la mémoire du conte par l’enfant.
C’est pour cela que les contes sont facilement retenus et restitué.
« Un conte appris pendant l’enfance n’est pas oublié si bien que l’enfant devenu adultes peur à sont tour le conter à ses enfants.
On a cessé de me raconter des contes quand j’avais 10 ans à mes 20 ans quand je suis devenu animateur, les contes de mon enfance sont ressortis. Ils étaient comme enregistrés sur mon disque dur », rapporte Edgard FERUS
Le conte créole véhicule des contenus riches et colorés (animaux sauvages, lieux enchantés, monde tropical) qui stimulent l’imaginaire des enfants.
A l’aide d’images et de symbole, le conte plonge l’enfant dans un univers enchanté dont la magie stimule son imagination.
D’autant que les enfants, dès leur plus jeune âge, sont friands d’histoire et des contes.
Ils aiment « se raconter des histoires », « faire comme si », se lancer des « on dirait… »
Le conte s’inspire du monde qui nous entoure.
Mais pour l’enfant, il fournit un univers facilement déchiffrable parce que fondé sur des oppositions très nettes ; petit/grand, riches/pauvre, gentil/méchant.
Pour l’enfant, ce monde simplifié sans nuance est plus facile à ordonner.
D’autre part, le conte s’adresse à l’enfant dans un registre qui lui est familier : la magie. Un monde proche de son monde à lui, un monde où la frontière entre vivant et inanimé, imaginaire et réalité est encore floue.
Un univers ou il est à même d’intégrer ce qui ne passerait pas par le canal de la raison.
Selon l’approche psychanalytique, que le conte exprimes sous une forme cachée les conflits psychiques de la petite enfance. Les peurs, les pulsions, le conflit œdipien, la séparation, la sexualité, les conflits fraternels …
Par ailleurs, le conte met en scène des personnages auxquels l’enfant peut facilement s’identifier (le petit Emestin, la petite fille Cecenne, Bari, ti-choute, les animaux, etc.).
Comme eux, l’enfant doit traverser des épreuves pour devenir adulte. Grace au conte, il se rend compte qu’il n’est pas le seul à vivre des situations difficiles.
De même, à l’écoute d’un conte, l’enfant est entouré de ses amis. Il s’aperçoit qu’il n’est pas le seul à avoir peur, que des angoisses sont normales et partagées.

Le conte a une dimension éducative.
Il apprend à l’enfant les règles de la vie en société.
Dans le conte, le héros est récompensé pour ses bonnes actions et puni pour les mauvaises. Il reprend des thèmes traditionnels.
La parole contée est ainsi « le premier véhicule du patrimoine culturel de nos société », dont elle contribue à assurer la survie.
Le schéma du conte fournit à l’enfant un « scénario de gagneur ».
Au début du récit, le héros est souvent défavorisé (c’est le plus petit, le cadet, il n’a pas d’argent).
Il va cependant affronter toutes les épreuves pour venir à bout d’un plus puissant que lui (un géant, un tigre).
Message optimiste pour l’enfant, qui fait un parallèle entre sa situation et les handicaps du héros.
Le conte l’aide à se dépasser, à se construire une bonne image de lui-même et lui donnes l’assurance d’exister et d’être aimé.
L’écoute d’un conte aide l’enfant à mettre des mots sur les choses (une peur, une angoisse, une joie), à décrire les choses, à comprendre la portée des mots.
Elle lui permet d’apprendre de nouveaux mots et de construire son langage grâce à l’emploi de phrase simple (sujet/verbe/complément), de verbe d’action.
Le conte constitue un bon outil pour permettre aux enfants d’évoluer dans un cadre moins scolaire et de se construire des repères dans un autre registre.
De plus les talents d’orateur du conteur peuvent développer chez l’auditeur l’envie de savoir manier le verbe.
L’écoute est au centre de l’action.
Plus l’enfant recevra des contes plus il va développer cette faculté.
Dans le conte, l’enfant est captivé dès le début de la narration par des formules introductives (« an kay rakonté zòt listwa a konpè lapen é konpé chyen »).
Au cours de la narration, la voix varie d’intensité au gré des émotions qui traversent le conte.
Le conteur sait créer des effets de surprise pour capter son auditoire, retenir son attention par des formules qui attendant des réponses : est-ce que la cour dort ?
Le conte développe le plaisir de l’histoire entendu pour amener naturellement au plaisir de l’histoire lu.
Il peut constituer un outil d’apprentissage de la lecture notamment pour les publics illettrés.
Le conte est image, est symbole, ce qui aide ces publics à revenir vers l’écriture.
Il constitue un outil pour les remettre sur les rails.